Âge de départ à la retraite en 2026 : le guide complet
Jean-Marc Durand
Expert Retraite • Mis à jour le 15 janvier 2026
Sommaire
La question de l’âge de départ à la retraite est l’une des plus mal comprises du système français. Beaucoup de futurs retraités connaissent leur âge légal — mais pas leur date optimale. Ces deux notions sont radicalement différentes, et confondre les deux peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée de la retraite.
La réforme des retraites d’avril 2023 avait progressivement relevé l’âge légal jusqu’à 64 ans. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, adoptée en décembre 2025, a suspendu ce relèvement à compter du 1er septembre 2026 et jusqu’en 2028. Les générations 1964 à 1968 en bénéficient directement.
Mise à jour importante (LFSS 2026) : depuis le 1er septembre 2026, les âges légaux ci-dessous s’appliquent pour les générations 1964 à 1968. Si votre dossier a été déposé avant cette date, les anciens âges s’appliquent.
L’âge légal de départ à la retraite en 2026
L’âge légal est le plus tôt auquel vous pouvez demander votre retraite. Il varie selon votre année de naissance :
| Année de naissance | Âge légal (avant 1er sept. 2026) | Âge légal (à partir du 1er sept. 2026) |
|---|---|---|
| 1961 | 62 ans et 3 mois | 62 ans et 3 mois |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 62 ans et 6 mois |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 62 ans et 9 mois |
| 1964 | 63 ans | 62 ans et 9 mois |
| 1965 (janv.–mars) | 63 ans et 3 mois | 62 ans et 9 mois |
| 1965 (avr.–déc.) | 63 ans et 3 mois | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 64 ans | 63 ans et 9 mois |
| 1969 et après | 64 ans | 64 ans |
Important : atteindre l’âge légal ne suffit pas pour toucher une pension à taux plein. Il faut aussi avoir validé suffisamment de trimestres — sinon, une décote s’applique.
Concrètement, l’âge légal est un plancher, pas un objectif. Partir exactement à cet âge sans avoir ses trimestres peut coûter très cher sur le long terme.
Trimestres requis pour le taux plein
Le taux plein (50 % du Salaire Annuel Moyen) est accordé si vous avez cotisé le nombre de trimestres requis :
| Année de naissance | Trimestres (avant 1er sept. 2026) | Trimestres (à partir du 1er sept. 2026) |
|---|---|---|
| 1958–1960 | 167 | 167 |
| 1961 | 168–169 | 168–169 |
| 1962–1963 | 169–170 | 169–170 |
| 1964 | 171 | 170 |
| 1965 (janv.–mars) | 172 | 170 |
| 1965 (avr.–déc.) | 172 | 171 |
| 1966 et après | 172 | 172 |
Si vous partez à l’âge légal sans avoir tous vos trimestres, votre pension subit une décote de 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 20 trimestres.
Exemple : 8 trimestres manquants → décote de 10 %. Sur une pension de 1 500 €/mois pendant 20 ans, c’est 36 000 € perdus définitivement.
Pour tout comprendre sur les trimestres et les options disponibles, consultez notre guide trimestres de retraite.
L’âge du taux plein automatique : 67 ans
À 67 ans, la décote est annulée automatiquement, quel que soit le nombre de trimestres validés. C’est l’âge filet de sécurité pour les carrières incomplètes.
La décote et la surcote : deux mécanismes à bien comprendre
La décote : le coût d’un départ prématuré
- 1,25 % par trimestre manquant
- Permanente et définitive
- Plafonnée à 20 trimestres (taux minimum : 37,5 %)
La surcote : la prime pour travailler plus longtemps
Si vous continuez à travailler après avoir réuni tous vos trimestres et l’âge légal :
- +1,25 % par trimestre supplémentaire (soit +5 %/an)
- Non plafonnée
Exemple : 2 ans de travail supplémentaire après avoir ses droits = +10 % sur la pension, à vie. Sur 1 500 €/mois, c’est 150 €/mois de plus soit 36 000 € sur 20 ans.
💡 AGIRC-ARRCO : le coefficient de solidarité (malus) a été supprimé depuis avril 2024. Vous pouvez partir à l’âge légal sans pénalité sur votre complémentaire. Travailler une année de plus reste avantageux pour accumuler des points et bénéficier de la surcote sur la retraite de base.
L’impact de la date de départ sur votre pension totale
Illustration avec un profil type (né en 1967, SAM 32 000 €, 172 trimestres atteints à 64 ans) :
| Âge de départ | Surcote | Taux | Pension de base mensuelle |
|---|---|---|---|
| 64 ans | 0 % | 50 % | 1 333 € |
| 65 ans | +5 % | 52,5 % | 1 400 € (+67 €) |
| 66 ans | +10 % | 55 % | 1 467 € (+134 €) |
| 67 ans | +15 % | 57,5 % | 1 533 € (+200 €) |
Pour comprendre tous les mécanismes du calcul, consultez notre guide comment calculer sa retraite de base.
Les départs anticipés : partir avant 64 ans
Plusieurs dispositifs permettent de partir avant l’âge légal.
Carrière longue : dès 58 ans
| Début de carrière | Âge de départ anticipé |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Avant 18 ans | 60 ans |
| Avant 20 ans | 62 ans |
| Avant 21 ans | 63 ans |
Condition supplémentaire : avoir cotisé au moins 5 trimestres avant l’âge pivot correspondant, et avoir cotisé le nombre de trimestres requis pour le taux plein (172 trimestres pour les nés en 1966 ou après).
💡 Les trimestres de maternité, chômage involontaire (jusqu’à 4) et maladie (jusqu’à 4) comptent comme “réputés cotisés”.
Si vous avez commencé à travailler avant 21 ans, vérifiez votre éligibilité — vous pourriez partir des années avant ce que vous imaginez. Notre guide retraite anticipée pour carrière longue détaille les conditions précises.
Inaptitude et invalidité : dès 62 ans à taux plein
Les assurés reconnus inaptes au travail ou invalides peuvent partir à 62 ans avec une pension à taux plein, quel que soit leur nombre de trimestres.
Travailleurs handicapés : dès 55 ans
💡 Pensez aussi à la pension de réversion : si votre conjoint décède, vous pouvez percevoir 54 % de sa retraite de base et 60 % de sa complémentaire AGIRC-ARRCO — sous conditions d’âge et de ressources.
En cas de handicap reconnu (taux d’incapacité permanente d’au moins 50 %), départ possible dès 55 ans sous conditions de durée de cotisation.
Pénibilité (C2P) : jusqu’à 2 ans d’avance
Les salariés exposés à des facteurs de risques professionnels (travail de nuit, bruit, températures extrêmes, vibrations, agents chimiques dangereux…) accumulent des points sur leur Compte Professionnel de Prévention (C2P). Ces points peuvent financer une retraite anticipée jusqu’à 8 trimestres (2 ans d’avance).
Fonctionnaires : des règles spécifiques
Les fonctionnaires sédentaires sont soumis à l’âge légal de 64 ans depuis la réforme 2023, mais avec un taux maximum de 75 % (contre 50 % au régime général). Les catégories actives (policiers, pompiers, aides-soignants…) peuvent partir dès 57-59 ans.
Pour tous les détails, consultez notre guide retraite des fonctionnaires.
La surcote : partir plus tard pour gagner plus
Si vous continuez à travailler après l’âge légal et après avoir réuni tous vos trimestres, votre pension est majorée de +1,25 % par trimestre, sans plafond. La surcote se cumule avec l’amélioration du SAM, ce qui rend chaque année supplémentaire doublement bénéfique.
Ce qu’il faut faire maintenant
- Créez votre compte sur info-retraite.fr — relevé de carrière complet, tous régimes confondus
- Vérifiez vos trimestres — erreurs et oublis fréquents sur les périodes de chômage ou temps partiel
- Simulez plusieurs scénarios — impact de 64, 65 ou 67 ans sur votre pension
- Vérifiez l’éligibilité carrière longue si vous avez commencé avant 21 ans
- Anticipez le coefficient AGIRC-ARRCO dans votre calcul de date optimale
Pour compléter votre pension, comparez les options d’épargne dans notre guide PER vs assurance vie en 2026.
Enfin, une fois à la retraite, il est possible de reprendre une activité professionnelle tout en percevant sa pension via le cumul emploi-retraite — avec des règles assouplies depuis la réforme de 2023.
L’âge légal et l’âge optimal : deux choses très différentes
L’une des confusions les plus coûteuses dans la préparation de la retraite : confondre “l’âge légal” (le plus tôt possible) et “l’âge optimal” (le moment où partir est le plus avantageux financièrement).
Partir exactement à l’âge légal sans avoir tous ses trimestres, c’est accepter une décote permanente. Pour une personne née en 1967 avec 164 trimestres (au lieu de 172) qui part à 63 ans et 6 mois, la décote est de 10 %. Sur une pension de 1 400 €/mois pendant 20 ans, ça représente 33 600 € perdus — pour gagner… quelques mois de retraite.
Le calcul que la plupart des futurs retraités ne font pas : combien de mois faut-il travailler de plus pour éviter la décote, et quel est le gain total sur 20 ans de retraite ?
Exemple concret avec Nadia, née en 1968 :
- Âge légal depuis le 1er septembre 2026 : 63 ans et 9 mois (LFSS 2026)
- Trimestres validés à cet âge : 165 sur 172 requis
- Décote : 7 × 1,25 % = 8,75 % → pension réduite de 8,75 % à vie
- Pension sans décote estimée : 1 500 €/mois → avec décote : 1 369 €/mois
- Perte par mois : 131 € × 12 × 20 ans = 31 440 € sur 20 ans
- Si elle travaille 7 trimestres de plus : elle part à 65 ans et 3 mois, sans décote
- Ces 6 trimestres supplémentaires représentent 18 mois de pension “perdus” : 1 500 € × 18 = 27 000 €
- Bilan à 20 ans : travailler 18 mois de plus lui rapporte 31 440 - 27 000 = +4 440 €
Et à partir de l’année 19 de retraite, chaque mois supplémentaire est un gain net.
Ce calcul n’est pas compliqué — mais personne ne le fait spontanément. Le jour où Nadia le fera, elle aura une décision éclairée plutôt qu’une décision guidée uniquement par l’envie d’arrêter de travailler.
Le piège de la réforme en cours : la date de départ peut tout changer
La LFSS 2026 a suspendu le relèvement de l’âge légal — mais seulement jusqu’en 2028. Si aucune loi n’intervient d’ici là, le calendrier reprend pour les générations non encore couvertes. Les personnes nées à partir de 1969 restent à 64 ans.
Pour les personnes nées en 1964-1968, l’avantage de la LFSS 2026 est réel : jusqu’à 3 mois de départ anticipé selon la génération. Mais attention : cet avantage ne s’applique qu’aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Si vous avez liquidé avant cette date avec les anciens âges, la nouvelle règle ne s’applique pas rétroactivement.
Récapitulatif : âges de départ selon votre situation
| Situation | Âge de départ |
|---|---|
| Régime général (né en 1969 ou après) | 64 ans |
| Régime général (nés 1964-1968, depuis sept. 2026) | 62 ans 9 mois à 63 ans 9 mois |
| Taux plein automatique | 67 ans |
| Carrière longue (début avant 16 ans) | 58 ans minimum |
| Carrière longue (début avant 18 ans) | 60 ans minimum |
| Carrière longue (début avant 20 ans) | 62 ans minimum |
| Invalidité / inaptitude | 62 ans (taux plein) |
| Travailleurs handicapés | 55 ans minimum |
| Pénibilité (C2P) | Jusqu’à 2 ans avant l’âge légal |
| Fonctionnaires catégorie active | 57 à 59 ans selon le corps |
À propos de l'auteur : Jean-Marc Durand
Ancien conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans la préparation de fin de carrière, Jean-Marc Durand met ses 15 ans d'expérience au service de Retraite Pratique. Sa mission est de vulgariser les réformes législatives (2023, 2026) pour permettre à chacun de faire des choix d'épargne et de départ éclairés.
Articles recommandés sur la retraite
Surcote retraite 2026 : combien gagner en travaillant plus longtemps ?
Découvrez comment fonctionne la surcote en 2026 : conditions, calcul du bonus et simulation. Combien gagnez-vous en repoussant votre départ à la retraite ?
Racheter des trimestres de retraite en 2026 : coût, rentabilité et démarches
Rachat de trimestres d'études ou d'années incomplètes : combien ça coûte, comment calculer si c'est rentable, et dans quels cas c'est vraiment intéressant en 2026.
Pension de réversion en 2026 : conditions, montants et démarches
54 % de la retraite de base, 60 % de la complémentaire AGIRC-ARRCO : qui peut bénéficier de la pension de réversion en 2026, à quelles conditions et comment en faire la demande.